LE CHÂTEAU DE SAINT MARCEL D’ARDECHE
Edifice privé, il appartient aux héritiers de la famille de Bernis.

Dans un mémoire rédigé en 1760,le marquis de Pierre de Bernis affirme que son château « est le plus beau du Vivarais » pour ajouter aussitôt : « Malheureusement cela ne prouve rien de magnifique » .
Un simple coup d’œil sur un plan du village montre l’étendue du château et de son parc. Il s’ouvre côté sud sur un paysage grandiose qu’une vaste terrasse permet de découvrir. Nul doute que le choix de l’emplacement, la disposition du bâtiment et du parc n’aient été largement influencés par la perspective paysagère.Il fut construit à la fin du XVIIème et au début du XVIIIème siècle en s’appuyant sur des constructions plus anciennes
En moins d’un siècle, la famille de Bernis avait acquis un quartier entier au sud de la communauté, autour du noyau de la demeure seigneuriale de la famille de Blou-Laval.

Ce lieu bien que situé à l’intérieur des remparts avait conservé plusieurs jardins, et offrait l’espace nécessaire. Ces acquisitions préparées dès le XVIIème siècle par le mariage entre un Pierre de Bernis et Elisabeth de Blou-Laval accompagnaient l’ascension sociale d’une dynastie qui triomphe en 1751 avec la création du marquisat de Saint-Marcel-de-Pierre-de-Bernis. Le frère du marquis, devenu le Cardinal de Bernis occupe alors les plus hautes fonctions dans l’entourage de Louis XV puis de Louis XVI.
En 1763, le compoix indique l’existence du « château avec ses appartements, avant-cour, basse-cour, réserves, écuries, parterre, jardins, terrasses, ménagerie, vivier, lavoir, pavillons, moulin à huile ».
Une patiente politique d’échanges conduite avec un conseil placé sous contrôle permet au marquis d’agrandir et de terminer l’aménagement de son château., en particulier au nord sur la placette, et au levant…

Avril 1792 : la Révolution porte un rude coup à la puissance seigneuriale qui perd ses privilèges. Le cardinal, héritier du château depuis la mort de son frère le marquis est déclaré émigré. Du 9 au 11 avril 1792, les habitants envahissent le domaine, détruisant le mur de l’avant-cour, brisant portes et fenêtres, livrant aux flammes les papiers seigneuriaux. Le toit est démoli. Même les soliveaux sont attaqués, le tout en présence de la municipalité.

Sous la Convention, le château est placé sous séquestre. Les caves abritent un atelier de salpêtre. Mais le bâtiment échappe aux ventes révolutionnaires. Il était passé en temps opportun entre les mains d’un parent resté en France, neveu par alliance du Cardinal.

Le retour des Bernis s’effectue sous l’Empire. Ils retrouvent sinon leurs privilèges, du moins une grande partie de leur puissance jusqu’au début de la IIIème République. Le château est reconstruit.
Il se présente aujourd’hui dans un style d’inspiration classique, avec son corps central surmonté d’un fronton triangulaire, flanqué de deux ailes symétriques. Au nord une cour intérieure s’ouvre sur la place du Monuments aux Morts (l’ancienne Placette) par un vaste portail. Il ne reste qu’un seul des deux pavillons qui le bordaient.
Au sud, le bâtiment donne sur une grande terrasse surplombant le parc et toute la vallée…